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Michel Houellebecq a dit que l'Islam est la religion la plus con du monde. Pourquoi pas ? C'est son droit" -- Mohamed Talbi
Je pense que cette phrase résume à elle seule tout ce qui reste à faire dans la société musulmane pour qu'elle évolue d'une société démagogue, raciste et réactionnaire vers une société moderne basée sur les idéaux de liberté, de fraternité et de justice.
Le débat qu'a suscité la publication des caricatures du prophète Mohamed en est un exemple probant.
Le droit à la différenceLa société arabe moderne n'aime pas la différence. Que l'on diffère d'un cheveu de la norme imposée et on est classé comme déviant, anormal. Peut être ne le remarque t-on pas tellement en Tunisie, où l'on est assez libres, mais dans d'autres pays arabes la situation est bien pire. La première étape de la modernisation sera donc de s'ouvrir sur l'autre et d'accepter qu'il soit différent et qu'il pense différemment.
Il faut arrêter de stigmatiser l'autre. Les juifs sont mauvais, les danois racistes, les américains aiment la guerre... Les clichés ont la vie dure, d'accord, mais acceptons au moins le fait que ces gens là puissent être différents de nous.
Les extrémistes vivent dans l'obsession de la domination mondiale, le règne total de l'Islam non seulement sur le monde arabe mais sur le monde entier. Pourquoi ?
Entre autre, parce que leur religion leurs dit qu'ils ont été choisi de dieu, qu'ils sont les meilleurs.
En quoi s'il vous plait ? En quoi êtes vous meilleurs ? En science ? En langue ? En humanisme ? En solidarité ? En littérature ? En Art ?
En science ? J'en doute!
En Langue ? Quelques essais contemporains, mais qui a déjà ressenti l'utilité de la linguistique dans la vie de tous les jours.
En Humanisme ? J'aimerais bien voir cela.
En solidarité ? Voila un exemple intéressant. Qui est le premier financeur des Palestiniens ? L'Europe. Le deuxième ? Les USA. Franchement, ce dont vous parlez comme votre cause commune, comme le centre de toutes vos pensées, vous nous vous êtes pas foutu de les aider ! Que les paroles. J'ai bien dis que la linguistique ne sert pas à grand chose.
En littérature ? Ya hasra !
En art ? .... Vous avez dit art ?
Un réveil! Non un électrochoc; voila ce qu'il faut au monde arabe. Les lumières pour apprendre aux peuples à penser différemment.
Le droit à la libre expressionComme l'a dit Mohamed Talbi dans sa longue interview à Jeune Afrique N°2346-2347 (Décembre 2005), un musulman peut vivre et pratiquer sa religion dans n'importe quelle société, aussi permissive qu'elle soit. A la seule condition d'abandonner purement et simplement la charia.
La charia est anachronique. Elle n'a plus rien à faire dans la société moderne. On ne peut pas gouverner ou gérer des sociétés avec des lois désuètes, vieilles de 1400 ans. C'est comme gérer l'Europe avec les lois des seigneurs du moyen age. C'est absurde ! C'est du non sens !
Le pire qu'il y a dans la charia est que c'est une loi de nature sacrée, donc intouchable, indiscutable.
C'est grave. Parce que la richesse et l'évolution des peuples naissent de la discussion et de l'évolution des idées qui la régissent. Or en refusant la discussion et je parle là de la critique objective et non religieuse, la charia se bloque et interdit la libre expression.
Il faut donc militer pour la liberté d'expression comme fondement de toute évolution et de toute avancée des idées qui régissent les peuples et encore une fois accepter la différence et s'ouvrir sur l'autre.
La liberté de conscienceLa liberté d'expression et la liberté de religion se rejoignent en le fait qu'elles reflètent toutes deux une seule et même liberté, la liberté de conscience.
Lors de la publication des dessins, l'objectif n'était pas d'empêcher les musulmans de prier, les dessins ne s'attaquent pas à la religion elle même. Tout se jouant dans le symbolique, on peut faire porter beaucoup de choses aux dessins. Les croyants n'ont donc pas le droit d'être choqués ni d'interdire de tels dessins. Parce que interdire la publication de ceux ci va à l'encontre de la liberté d'expression de l'autre partie. Je suis donc déçu de voir que le quotidien français "France Soir" ait été saisi en Tunisie. Pourquoi donc ? De quel droit me dirait on ce qui est propre ou non à ma consommation intellectuelle ? Pourquoi ne saisirait on pas alors les écris religieux extrémistes qui se vendent à la sauvette dans les rues ?
Il faut être cohérent. Si l'état tunisien a cherché à ne pas raviver une tension ou à essayer de calmer une crise qui n'a pas lieux d'être, c'est normal et légitime mais je ne pense pas que la censure soit le meilleur moyen pour cela.
Ma liberté s'arrête là ou commence celle d'autrui disait l'autre. OK ! Sa liberté est bien de publier et ta liberté et de lire et de ne pas approuver, mais non d'appeler à la violence et à la haine. Et ma liberté est de lire et d'écrire, la tienne est de me critique et non d'appeler à me tuer parce que je n'approuve pas tes idées, que je ne suis pas religieux et que j'appelle à la libération de la femme du voile... Ah c'est un autre sujet déjà...