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mardi, février 14, 2012

L’excision, pratique étrangère à l’Islam


Au cœur de la visite de cet étrange Ghoneim, prédicateur salafiste égyptien en Tunisie, et au moment où ses déclarations farfelues promouvant l’excision émeuvent et scandalisent la rue, il convient de s’attarder un peu sur cette pratique barbare. Car il faut  comprendre ses origines pour mieux la combattre et ainsi éclairer, un tant soit peu certains esprits embrumés par un discours violent, rétrograde et surtout faux.

L’excision, une pratique pré islamique
Pour commencer, il faut souligner que l’excision féminine (khafd) n’a aucun fondement dans le Coran et aucun verset ne la cite explicitement ou implicitement. Et si certaines écoles juridiques la recommandent sous une forme bénigne, elles se fondent toutes sur des hadidh dont aucun ne la prescrit explicitement.
La pratique était répandue dans la Jahilia, le droit islamique s’est ainsi contenté d’entériner un usage pré islamique. Elle a aujourd’hui quasiment disparu partout dans le monde musulman sauf en Egypte (où elle est également réalisée par certains coptes) et dans certaines régions de l’Afrique subsaharienne.
Ces dernières années, un grand effort a été déployé par des ONGs dans les pays où cette pratique est courante afin de sensibiliser les familles et surtout les femmes sur les dangers de cette pratique.
Car au delà du risque très important de complications médicales chroniques que peut entrainer l’excision, elle génère également un impact psychologique dévastateur sur les jeunes filles, ces futures femmes.
Violées dans leur intimité, amputées d’une partie de leurs corps, cette pratique peut être perçue comme une mutilation d’origine masculine : une sorte d’affirmation de la domination machiste sur la femme. Car in fine ce qui est recherché par l’excision, c’est bien priver la femme de tout plaisir durant l’acte sexuel. Elle est ainsi, réduite, un peu plus encore au rôle d’objet sexuel pour l’homme, dévolue à ses envies et incapable elle même de ressentir le moindre plaisir.
Exciser une femme c’est enlever, détruire, nier une partie de son humanité, car la capacité de ressentir du plaisir est sans doute l’une des manifestations les plus criantes de notre humanité. L’homme n’est-il pas cet animal éprouvant du plaisir.


Plus largement, il convient de rappeler, qu’autant que l’excision, la circoncision n’a, elle non plus, aucun fondement en Islam, ni dans le Coran, ni dans les hadhith. Là aussi, c’est un lourd lég de la Jahilia que la tradition islamique a simplement perpétué et que la tradition populaire et le lieu commun a associé à la fois à un rite de passage, à une purification et à une entrée dans la communauté des croyants. La pratique peut également chez certains hommes être la source de grands troubles psychologiques et il aujourd’hui prouvé qu’elle réduit sensiblement le plaisir éprouvé lors du coït. Mais le débat ici est tout autre tant cette pratique est enracinée dans la conscience populaire.

Pour finir, le constat est alors toujours le même et la conclusion inchangée. Le plus grand danger pour l’Islam, ce sont les musulmans eux mêmes, ou du moins, une partie de ces derniers. Obnubilés par une surenchère de la démonstration de foi, ils sont prêts à croire tout et n’importe quoi. Et plus c’est gros, plus c’est violent, plus cela doit, à leur yeux être vrai. L’islam n’est pas cela, il est avant tout compréhension de l’essence du texte et guide. L’islam a aujourd’hui, un terrible besoin de réflexion, de contextualisation et de recul, loin des prêches de prédicateurs incultes et violents. 

mercredi, octobre 26, 2011

Non, Ennahdha n’est pas majoritaire… loin de là !

Après des jours de stress et d’attente, les premiers chiffres des élections commencent à être publies. Et ces chiffres sont édifiants ! Ils expliquent à eux seuls les raisons de la surprise électorale que la majorité des tunisiens ont ressenti suite à l’avance substantielle que le mouvement Ennahdha a connu.



Le constat

Bien qu’il apparaisse indubitablement que le mouvement Ennahdha soit une force politique majeure de la scène Tunisienne, concentrant en moyenne de 20 à 30% des voix, elle est bien loin d’être majoritaire ! On en voudra pour preuve les chiffres suivants des circonscriptions de Nabeul 2, du Kef et de Monastir où, bien qu’arrivant en tête avec un nombre respectable de sièges, Ennahdha ne représente que respectivement : 27%, 28% et 19% des voix ! 
Décompte des voix à la circonscription de "Nabeul 2"

 Décompte des voix à la circonscription de"Kef"

Décompte des voix à la circonscription de "Monastir"

De même, le système électoral lui a même permis d’obtenir jusqu’à 33% des sièges à Monastir alors qu’il a obtenu moins de 20% des voix !

Il est clair que ce scrutin a faussement mis en avant ce parti qui a profité de l’effritement des voix sur les petites listes de partis inconnus sans base populaire et sur les listes indépendantes. Ces fameux indépendants et ces petites listes qui se voyaient déjà élues ne représenteront finalement que 5% des élus de l’Assemblée Constituante. 

Ainsi, un fait un clair : 50% des voix des tunisiens sont représentés par 5% des sièges à l'Assemblée Constituante ! Tel est le vrai choc de cette élection ! La représentativité de cette assemblée apparaît ainsi considérée toute relative !

Il ne s’agit pas ici de trouver un coupable. Le système électoral ? Les petits partis ? Les indépendants ambitieux ? Probablement, tous et aucun à la fois.
Mais il faut cependant se rendre à l’évidence éclatante des chiffres, ces centaines de milliers voire ces millions de voix n’ont servi à rien, sauf à mettre faussement Ennahdha en avant.
Bien que n’appréciant guère le terme d’ « inutile », car ces votes naissent généralement d’une conviction forte et sont donc des voix de raison, il faut bien se rendre à l’évidence qu’elles ont été peu productives et n’ont fait qu’accentuer le score d’Ennahdha qui, bien qu’honorable, est loin d’être un plébiscite ! Nier ce fait serait soit faire preuve de mauvaise foi, soit d’un du déni de la réalité.



Déconstruire le mythe



Il est aujourd’hui urgent de déconstruire le mythe qu’Ennahdha essaie d’édifier et de nous imposer : Non Ennahdha n’est pas majoritaire et ne représente pas l’opinion de la majorité des tunisiens. Elle ne rassemble tout au plus que 30% de la population. Ce qui, au demeurant, est relativement en accord avec les sondages effectués quelques semaines avant les élections.

Il est probable qu’Ennahdha ait bien compris ce facteur, d’où ses intentions affichées d’ouverture et de modération pour la formation du nouveau gouvernement, et ses signes de conciliation sur la polygamie, les Droits des femmes et les Droits de l’Homme.



L’espoir



Il faut aujourd’hui que les partis politiques de la nouvelle opposition intègrent clairement ce facteur et reprennent espoir car rien n’est perdu et loin de là ! Il faut qu’ils contribuent à déconstruire le mythe et à mettre en avant la diversité de la société tunisienne.

De toutes les manières, il est certain que ce vivier de voix « inutiles », qui atteint parfois les 50 % dans certaines circonscriptions, est le futur électorat de l’opposition. Car s’il n’a pas voté Ennahdha aujourd’hui, c’est qu’il n’est probablement pas sensible à une telle idéologie et à son projet rétrograde, voire les rejette.

Il va donc falloir aller chercher cet électorat par la force de la persuasion, par un discours rassurant, fédérateur et des solutions réalistes et concrètes à ses problèmes.

N’oublions pas que de nouvelles échéances électorales : présidentielles, législatives, locales, nous attendent dans quelques mois, et que le temps passera très vite! Alors, rassemblons nous ! Fédérons nous autour des valeurs qui fondent notre Tunisie et cristallisent le fondement de notre identité ! Ne cédons pas au défaitisme et à la sinistrose et ensemble, laissons les égos, les petites prétentions adolescentes et les ambitions creuses, et unissons nous autour de partis forts, puissants, aux programmes clairs et à la visibilité importante. Occupons le terrain des idées et de l’action.

Dans ce paysage politique encore jeune, tout est possible et les forces qui aujourd’hui profitent de la profusion et de l’éparpillement des voix ne seront pas éternellement majoritaires.

La démocratie est faite de cela, de flux et de reflux. Sachons garder espoir et ne baissons pas les bras ! N’oublions jamais que le champ des possibles est énorme et que le plus dur reste à faire !


MAJ : Suite aux remarques de certains commentaires concernant l'échantillon de circonscriptions sélectionné, ci-dessous un complément sur les autres résultats définitifs proclamés jusqu'aujourd'hui.
Nous restons donc bien loin des 60% de voix Nahdhaoui qu'évoquent certains militants et supporters de ce parti, la moyenne se situant aux alentours de 30 à 35%.


Je mettrai en ligne, le résultat définitif des voix dès qu'ils seront proclamés.
Décompte des voix à la circonscription de "Manouba"
Décompte des voix à la circonscription de "Jendouba"

Décompte des voix à la circonscription de "Zaghouan"

Décompte des voix à la circonscription de "Tataouine"


MAJ 2 : Sur ce tableau un suivi des résultats en temps réel avec les pourcentages de voix obtenus pour chaque parti. Les listes indépendantes ne sont pas listées car trop nombreuses. Merci à Arabasta.

mercredi, septembre 28, 2011

La liberté difficile


Une part de liberté a peut être été acquise au lendemain du 14 janvier et sous le gouvernement M. Ghannouchi, mais elle est aujourd’hui menacée par les tenants de l’ordre moral et les néo-défenseurs de Dieu.
Ce qui me fait écrire ces lignes c’est cet article (en arabe) paru dans une pseudo agence de presse. L’article se félicite de l’interdiction de diffusion d’une série de documentaires sur la femme dans l’Islam qu’il accuse d’attaquer l’Islam, le prophète et Allah et ainsi d’être anti-islamique. Sans juger de l’honnêteté douteuse de la journaliste qui n’a sans doute pas vu les dits documentaires, la question centrale qu’on peut se poser est : Quel modèle de liberté veut-on pour la Tunisie ? Est-ce une liberté réelle ou un simulacre de liberté où les sujets qui dérangent seraient tabous ?

Ni Dieu, ni l’Islam n’ont besoin d’avocat
La raison essentielle avancée par les personnes interviewées dans l’article (tous de la mouvance islamique au demeurant) qui justifierait l’interdiction est que le contenu s’attaque à l’Islam et au Prophète. Est-ce que critiquer, apporter une vision nouvelle est une attaque ? Est-ce que le fait de questionner des dogmes est une attaque ? Est-ce qu’il y a diffamation d’une religion lorsqu’on se permet de mettre en doute certaines de ses interprétations ou de ses pratiques ? Enfin, est-ce que les croyants le sont moins à la vue d’un documentaire ou de la lecture d’un livre ?

Ce qu’oublient ces néo-censeurs c’est que la foi des croyants est puissante et que ni l’Islam, ni Dieu, ni non Prophète n’ont besoin d’un avocat. La parole divine ne se trouve pas diminuée par un débat ou une opinion critique. Chacun, au fond lui, sait ce qui est juste et bon pour lui. Si un croyant entend quelque chose qui diverge de sa foi, est ce que cette dernière diminuera ? La foi d’un musulman serait-elle aussi faible ? Je ne pense pas.

Car au fond, sur toutes ces questions de religion qui agitent la société Tunisienne, c’est bien une question d’interprétation et une vision de l’Islam qui est remise en cause. Non l’Islam en lui-même. C’est donc bien une forme d’interdit idéologique qui est imposé par une frange conservatrice et rétrograde pour empêcher un débat sur un possible renouveau (plus que necessaire) de l’Islam.

La liberté, n’est pas simple à assumer ou à pratiquer. On doit s’habituer à lire et à entendre des choses qui sortent de l’ordinaire qui défient nos modèles de pensée. C’est à chacun de faire l’effort de dépasser ses préjugés et de laisser s’exprimer l’opinion opposée, d'accepter son existence et sa légitimité et par la suite de dialoguer avec elle, dans le respect et la tolérance.
Il y a donc dans la liberté une forme d’abnégation, de souffrance. Il ne faut s'y faire.
Ignorer cette difficulté de la liberté, c’est légitimer les interdits et les tabous. Or, l’interdiction est l’arme des faibles. L’interdiction est un aveu d’échec. C’est le refuge de celui qui ne sait ou ne peut convaincre et qui essaye d’imposer son opinion. C’est l’outil de celui qui évite le débat au lieu de prendre le risque de l’accepter.  

C’est le débat qui fait avancer les idées et la société
Remettre en cause les dogmes peut être douloureux, peut être perturbateur et difficile à assumer, mais c’est ce qui fait avancer la société et les idées. Discuter, argumenter, remettre en cause, démolir pour reconstruire, telle est l’essence même du débat d’idées. C’est ce qui fait avancer les nations et les philosophies, mais aussi les religions.

Je ne peux m’empêcher de voir dans la crise de l’Islam d’aujourd’hui que l’illustration de tous les interdits qui le sclérosent, de tous ces dogmes qui, parce qu’ils sont anciens, sont devenus indiscutables. Le raidissement de certaines sensibilités rétrogrades montre bien aussi que l’Islam actuel arrive à bout de sa logique conservatrice.
L’Islam a aujourd’hui, plus que jamais, besoin d’un grand dépoussiérage, d’une re-contextualisation, d’une réforme profonde. Oser poser les questions qui dérangent, c’est ce qui fera avancer la pensée religieuse et renforcera la foi des croyants qui se sentiront en adéquation avec le monde moderne et non en opposition à celui-ci.

Permettre un débat serein permettra de réconcilier la religion avec son monde. Cela ne se fera pas sans difficulté ni sans douleur, mais l’œuvre des lumières de l’Islam est lancée et rien ne pourra l’arrêter. Alors autant l’assumer, autant entrer dans le débat au lieu de l’éviter.
Acceptons ces difficultés qu’implique la liberté : celles de la perte des certitudes, du doute permanent et des oppositions. Apprenons à respecter la différence et cultivons la tolérance. Et payons pour cela le prix qu’il faut.

dimanche, mai 15, 2011

Goulag et Démocratie de Mohamed Talbi


L’Avenue ce jour là était calme : les passants étaient là, les bezness étaient là, les péripatéticiennes aussi. Toute cette atmosphère respirait la liberté.
Heureux étais-je donc mais aussi fier, d’aller acheter un livre à Tunis : la joie d’enfin retrouver des lectures intéressantes à la libraire El Kitab se mêlant à la fierté du constat de la liberté (re)trouvée.
Mon choix s’est porté sur un gros livre gris et à la couverture peu engageante : Goulag et Démocratie de M. Mohamed Talbi.
Revenu chez moi, et ayant lu les première pages du livre, l’enthousiasme du moment laissa rapidement place à une grande déception : Comment est-ce possible ? Comment expliquer un écrit d’une si mauvaise qualité d’un penseur aussi brillant ? Que s’est-il passé pour que Talbi nous délivre cela ?

Quelle déception !

En guise d’introduction, l’auteur commence par se plaindre qu’aucun éditeur n’ai voulu publier son livre et qu’il a donc obligé de le publier à son compte. A la lecture, je comprends mieux le refus des éditeurs.
Ce livre, bien qu’il ne soit pas sans intérêt n’est tout simplement pas fini, il n’est pas abouti. Ce livre n’est pas du niveau qu’on attendrait d’un penseur de la trempe de Talbi : répétition des propos (parfois des pans entiers de textes se retrouvent mot à mot dans différents endroits du livre), sujet mal ficelé et déstructuré (on comprends où il veut en venir, mais il n’y arrive tout simplement pas, se perdant en circonvolutions complexes et inutiles), argumentation faible et incohérente et j’en passe…

Dans ce texte de plus de 300 pages, Talbi établi un état des lieu des libertés sous le régime Ben Ali jusque dans les années 2007/2008, décortique et théorise les raisons qui sont, d’après lui, à l’origine de la soumission des peuples arabes à leurs régimes dictatoriaux. Il présente également des portraits de militants des droits Humains que notre pays connaît bien aujourd’hui. Bien que l’encensement dont Sihem Ben Sedrine soit le sujet me gêne personnellement.

Au vu donc des sujets abordés, le livre ne manque certainement pas d’intérêt, mais il lui manque cette touche qui transforme un brouillon en livre, celle qui fait de la banalité en une chose digne d’intérêt. Talbi aurait dû relire et faire relire son texte car à cause de cette faute, à mon sens inexcusable, son livre perd une part importante de son impact. Et c’est ainsi qu’un possible coup de maître ne se trouve qu’être un coup dans l’eau.

En fin de compte, qui suis-je, diriez vous, pour critique M. Talbi ? Vous avez parfaitement le droit de vous le demander mais ma pensée n’engage que moi même et aussi arrêtée puisse-t-elle être, elle n’en reste pas moins pleine de sincérité et de légitimité.

Verdict : Ne pas acheter.
Goulag et démocratie – Mohamed Talbi – A compte d’auteur
Prix : 20 DT en Tunisie. 20€ partout ailleurs.

mardi, avril 19, 2011

Arrêtons de parler d’Ennahdha

Depuis la révolution du 14 janvier, le parti politique qui fait le plus parler de lui est Ennahdha. Il fait certes parler de lui, mais ni pour son programme politique ni ses propositions, mais pour deux raisons différentes :

  • L’effet de mode qu’il génère autour de lui : ce parti s’est crée l’image d’un martyr politique en jouant la carte de la victimisation de ses années de clandestinité sous Ben Ali. C’est d’ailleurs sans doute le parti politique qui a le mieux récupéré la révolution (le fameux « roukoub 3ala thaoura »).
  • La peur qu’il crée au sein de la frange progressiste et cultivée de la population qui y voit une menace de régression sur les acquis des femmes tunisiennes, un facteur de fermeture du pays et une grave régression culturelle et intellectuelle.

Si l’on peut partager certaines craintes évoquées ci-dessous, on ne peut cautionner le battage médiatique crée autour de ce parti : on voit sur Facebook toutes les vidéos de Ghannouchi qui parle de tout et de n’importe quoi, on voit les incidents que créent ses déplacements à Hammamet ou Kélibia, on voit les pros, les contres, on dissèque les interviews, les images, les idées, on s’interroge sur les dispositifs de sécurité autour du gourou Ghannouchi qui nous rappellent les ninjas de Ben Ali, on se demande d’où vient son financement, on s’exclame, on s’indigne, on supporte, on dénigre. Et on fond qu’en reste-t-il ?

Rien, à part le sentiment d’une agitation infertile et non constructive.

Arrêtons aujourd’hui d’offrir une tribune médiatique à ce parti extrémiste. Arrêtons de leur faire de la publicité gratuite.

Arrêtons de donner à ses supporters les raisons qui les pousseront aux extrêmes, eux qui les frôlent déjà.

Arrêtons de médiatiser les incidents qu’ils créent eux mêmes pour qu’on parle d’eux.

Parlons plutôt des alternatives, des visions politiques, culturelles et économiques que l’on souhaite offrir à notre pays. Soyons constructifs et laissons Ennahdha gesticuler seule. Jusque là, elle n’offre encore aucune vision claire de son programme, aucune déclaration d’intention. Ils ont eu le temps de se préparer, mais rien n’est encore clair. Même les principes de base de leur parti ne sont pas jetés, allez faire un tour sur le site internet, à part les photos de Ghannouchi, des articles sur l’Islam, il n’y a rien. Entre joutes verbales et déclaration bateau sur la défense de l’identité islamique de la Tunisie, on n’a rien vu de concret pour le moment.

Il est donc clair que le seul moyen pour combattre les extrémismes et les populismes d’Ennahdha au POCT c’est l’élaboration de programmes clairs, ambitieux et réalisables pour notre pays. Et ayons confiance dans le « peuple » qui, si les partis politiques modérés sont à la hauteur, saura choisir le parti qui lui offrira les meilleures perspectives et dans lequel il se reconnaîtra le plus.

mercredi, avril 13, 2011

Lecture : « Traité d’Athéologie » de Michel Onfray

Ayant à peine fini la lecture du « Coran au risque de la psychanalyse » de Olfa Youssef, je me devait intellectuellement et moralement de contre balancer la thématique extrêmement religieuse de ce livre par une lecture plus laïque ou en tout cas moins empreinte de religion. Le choix s’est donc porté sur ce « Traité d’Athéologie » de Michel Onfray.

Un titre trompeur

Un traité est défini par Wikipedia comme un « manuel d’instructions […] qui forme un sujet d’étude ». Vu cette définition, on serait donc en droit de s’attendre, en se fiant au titre du livre, à ce que son contenu soit pédagogique, instructif et constructif ou du moins initiatique. Malheureusement, il n’en est rien.

Le livre nous présente, sur des centaines de pages, des illustrations fort documentées sur la haine que les religions ont des femmes, du corps, des plaisirs et de la vie. Il expose leurs misogynie, leurs consécration des valeurs masculines, leurs fascination pour l’au-delà et leurs obsession de la mort. Il détaille les contradictions entre les religions monothéistes et les contradictions de ces religions en elles-mêmes. Il déconstruit certains mythes du judaïsme, du christianisme et de l’Islam et montre à quel point ces religions ont fait de morts à cause de leurs intolérance, de leurs visées expansionnistes et leurs dogmatisme.

Il y a certainement un intérêt à décrire tout cela, à compliquer ces faits, mais un tel travail ne peut se prétendre être un traité. Il serait plutôt qualifié de pamphlet.

Car à limiter l’athéisme dans l’illustration du simple rejet des religions monothéistes, Onfray ne tomberait-il pas finalement dans ce même travers d’extrémisme qu’il reproche aux fondamentalistes religieux ?

Dépasser le simple rejet de la religion

On aurait aimé lire et en apprendre plus sur les valeurs véhiculées et promues par l’athéisme, ainsi qu’une meilleure définition des réalités qu’il recouvre : quel est son système de valeurs ? Comment l’Homme peut-il vivre dans un environnement libéré des contraintes religieuses et déistes ? Comment l’Homme peut-il se substituer à la divinité afin de créer son propre référentiel moral ?

Voilà ce qu’aurait dû être un « Traité d’Athéologie » : une introduction aux mécanismes complexes et riches de la pensée purement humaine, une présentation d’une morale humaine et humaniste et tant d’autres sujets qu’il serait trop long et fastidieux de lister ici.

Car contrairement à ce que laisse penser Onfray dans son livre, l’athéisme ne se bâtit pas qu’au travers du rejet des religions. Certes ce rejet en est un élément fondateur, mais l’athéisme le dépasse pour bâtir un système de valeurs et une morale indépendante des référentiels religieux. La conception athéiste est une vision détachée des référentiels déistes et profondément ancrée dans l’humain. L’athéisme ne serait-il pas finalement la meilleure illustration de l’Humanisme ?

L’athéisme militant n’est, à mon avis, pas celui exposé dans ce livre par Onfray : violent, excessif, extrême. L’athéisme ne peut se résumer à un rejet, aussi fort et franc soit-il de la religion et du fait religieux, car l’athéisme est aussi et avant tout un mode de pensée tolérant, ouvert au dialogue et à la critique, à l’écoute de la société et concerné par le fait religieux. L’athéisme ne se construction pas aux dépends des religions, il se construit à leur côté, il se nourrit d’elles pour s’entretenir et se développer car sans religion, point d’athéisme.


Nouvelles lectures en cours : « De la démocratie en Amérique » d’Alexis de Tocqueville et « Révolution, Consulat, Empire » de Michel Biard, Philippe Bourdin et Silvia Marzagalli.

samedi, mars 05, 2011

Mourir, doucement...

Paris est une ville de vieux, une ville qui s'ennuie, une ville qui se laisse mourir.

lundi, décembre 31, 2007

Est-ce moral de travailler pour l’ATI ?

Il y a quelques semaines j’ai reçu une proposition d’embauche de la part de l’ATI. Intrigué, mon père m’appelle de Tunis pour l’informer de la « bonne nouvelle ». Dans un télégramme (notez l’anachronisme du moyen de communication), l’ATI m’invite à rejoindre ses rang m’assurant qu’une bonne place me sera réservée.
Évidemment, j’ai rigolé doucement. D’autres, je le comprendrais bien, se seraient rué sur l’opportunité, mais qu’est ce que cela m’a fait rire !
Comment pourrais-je travailler pour ceux qui agissent contrairement de tous mes principes ? Pourrais je me transformer à mon tour en censeur ? Et même si je ne le devenais pas, pourrais je accepter de faire partie de cet organisme liberticide ?
La question a le mérite de se poser, même si la réponse est pour moi claire et nette.
Est-ce que les gens qui travaillent à l’ATI, ceux qui sont responsables de la censure font cela avec conviction, ou n’ont-ils pas d’autre choix ?
On a toujours le choix.
Si je t’étais pas en France, et condamné à rester en Tunisie, sans emploi, je ne travaillerai pas pour l’ATI, j’aurai préféré me lancer dans la restauration rapide que de cautionner un organisme que j’ai toujours condamné.
En attendant, je travaille pour Orange, cela me rends pas plus heureux, mais au moins (ce n’est plus moral), je touche sans doute, deux fois le salaire du PDG de l’ATI…

dimanche, septembre 16, 2007

Oui, c'était pour le pétrole...

Alan Greenspan, l'ancien big boss des finances américaines, affirme que la guerre en Irak était essentiellement pour le pétrole.
D'accord, c'est très sympa de le dire maintenant. Chercherait-il a obtenir le prix de la citation la plus évidente de l'année ? Essaye-t-il de se racheter après l'effondrement du camp Bush ? A-t-il eu un sursaut de culpabilité ?
En tout cas, tout cela ne sert pas à grand chose, des milliers de personnes sont mortes pour ce fichu pétrole et ni les remords, ni les excuses ne les remplaceront. 
Le peuple Américain, stupide et manipulé aurait du dès le début se bouger au lieu de suivre bêtement et de tourner en ridicule les défenseur de la paix. Leurs remords aujourd'hui, ne servent à rien....

mardi, août 28, 2007

Ces musulmans contre les islamistes

Une excellente soirée documentaire sur ARTE ce soir. Un groupe d'intellectuels musulmans discutent des moyens à même de lutter contre la montée de  l'islamisme extrémiste qui instrumentalise la religion à ses propres fins.
En gros:
- Mohamed était un progressiste pour l'époque, surtout pour la question des femmes.
- Il n'a jamais été dérangé par le fait qu'une femme ne porte pas le voile, cela lui paraissait tout à fait secondaire.
- Il était un sacré coquin et aimait bien s'amuser avec ses nombreuses femmes.
- Etait pour un rôle important des femmes dans la société, essentiellement à travers le travail, n'oublions pas qu'il s'était marié à sa propre patronne.
- J'en oublie (d'ailleurs, ce n'est pas le propos de ce post)...

Personnellement, je suis pour l'abolition de toutes les pratiques issues de la sunna et de l'interprétation rigoriste des textes, pas de lapidation, pas de circoncision ni d'excision, monogamie, égalité entre les sexes, rapport décomplexé et ouvert à la sexualité et au plaisir...

La montée des extrémistes, le phénomène du voile pseudo-islamique et la dégradation de la situation des femmes qui s'en suit doivent être combattus avec la plus grande vigueur par toutes les forces démocratiques musulmanes. Rester silencieux serait synonyme de complicité avec ces personnes qui intrumentalisent la religion, tirent vers le bas l'ensemble de nos acquis législatifs et mettent en péril l'oeuvre de développement et de modernisation entreprise depuis des décennies...

samedi, juillet 21, 2007

L'emmerdement...


Je suis ennuyé, par la chaleur, la bêtise, la superficialité des blogs tunisiens qui une fois comparés aux autres blogs qui peuplent le net sont plus que ridicules.
Je suis ennuyé par les festivals à la con, les idiotes qui pullulent dans les cafés pseudo à la mode.
Je suis ennuyé par les terrasses où l'on peut pas boire de bière quand il fait 35° à l'ombre.
Je suis ennuyé par tout ce qui fait cette putin de vie qui est la mienne encore pour quelques mois... Je me fais monumentalement chier et il n'y a rien, absolument rien qui puisse y changer quoi que ce soit.
J'ai reçu ce matin un recueil où m'a première publication parait en page 37. C'est bien, cela m'a rendu heureux pour quelques instants, mais m'a rappelé que si j'étais resté ici, rien de cela ne serait arrivé...
Il y a des destins qui sont fais pour voguer, pour voyager, pour oublier aussi, parfois...
L'un de ces destins est le mien.

mardi, mai 29, 2007

Liberté de la presse avait vous dit ?

Il n'y a pas qu'en Tunisie que la presse se porte très mal... En France aussi. D'après un sondage en ligne sur le site du nouvel observateur, seuls 6% des sondés pensent que la presse française est libre (2 000 votants) et à peine 4% jugent les journalistes libres (15 000 votants)...

Je suis bien curieux de savoir quels seraient les résultats d'un tel sondage en Tunisie... Non, c'est juste pour rigoler... En Tunisie tout va bien...

PS: Je m'excuse pour la faute d'orthographe dans le titre... "avez vous" et non "avait vous"

mercredi, mai 16, 2007

Blogger pour l'UMA: la connerie buzz du moment

Après le phénomène du blog gay, maintenant tout le monde veut blogger pour l'union du maghreb arabe, waw! Génial les gars (et les filles)! Vous allez changer le monde! Au fait, les vieux croutons n'attendaient plus que vous pour créer l'UMA !

Voila, on a crée une journée du bloguisme maghrébain, mais à quoi bon cela va nous avancer ? Vous allez tous vous mettre à philosopher ? Génial ! C'est super excitant ! On va tous devenir des décideurs politiques, tous des philosphes, des penseurs !

Peut être est ce de la naïveté ou alors de l'idéalisme (tout aussi naïf), mais en tout cas, à tous ceux qui vont "blogger pour l'UMA", inchalla labes :-)

vendredi, mars 16, 2007

Mouaten Censuré.... Encore !



En réaction à la nième censure du blog de Mouaten Tounsi, je pense que si toute l'administration tunisienne mettait autant de zèle que l'ATI pour la censure, nous serions depuis longtemps un pays développé !

Je me demande seulement quand est ce qu'ils vont s'ennuyer de le censurer ce gars, ils n'en ont pas marre ?? Ils sont ridicules en fin de compte !

lundi, mars 05, 2007

Manque de créativité




Trouvez les différences...

Mais c'est quoi ce manque d'imagination ?! N'arrive t-on même plus à faire une affiche sans copier ??

vendredi, février 09, 2007

Moi! Jet-seteur Tunisien!

Sans doute que le phénomène ne vous a pas échappé… Aussi pervers et contagieux que la lèpre, tout Tunis s’y met. Ca fait tellement chic d’être Jet-Set…
En passant par les salons de thé Jet-Set, les émissions de télé Jet-Set (Hannibal Tv) et même les site webs Jet-set (Tunis la nuit et jet set magasine), autant de déchets réels ou virtuels d’une société débilisée.
Mais qu’est ce qu’un jet-seteur ?
En voila un portrait type :
Sexe masculin : Look très style (avec un grand Aïï !), un peu pédé sur les bords, souvent la cigarette délicatement entre les doigts il te regarde avec un air hautin, les cheveux gominés mode années 60 réchauffé à la sauce feuilletons mexicains. Il est souvent accompagné d’une horde d’amis à son effigie, des clones. Un jet-seteur est un bon vivant, il ne pense pas. Entre jet-seteurs le plus important est de se mettre en évidence et de lancer des vannes sur les copains et sur leurs copines…Il ne soucie pas de l’argent non plus. Bien que pas très riche, il bosse dur dans le centre d’appel. Exploité, pressé de son jus et transformé en pétasse de boulot, il se défoule la nuit et dépense sans compter ses misérables 250 Dt. Il orne comme un trophée son beau téléphone portable avec appareil photo, vidéo, MP3, radio, vibromasseur et toutes les options des businessmen européens dont on n’a pas besoin en Tunisie mais que le fait d’avoir rend intelligent et supérieur. Un jet-setteur, porte souvent la même tenue, véritable uniforme, il ne jure que par les marques et le prix. Gucci, Giorgio Armani, f*** Mibouni, toute le chic de la mode made in Moncef bey acheté 140Dt la chemise… Eh oui ! Fo payer pour être bien !
Un Jet-seteur se donne aussi des pauses quelques fois, quand le mois touche à sa fin et que la famine et le régime des casses croûte de la Marsa et de Ennasr commencent à peser sur son estomac et sur son portefeuille. Il se retire pour 10 jours de repos avant de se relancer avec autant de force et de connerie dans son cycle infernal de la nuit tunisoise.
Sexe féminin : Look blondasse cocaïnée, genre pétasse des films porno, un peu kitch et très artificielle. Elle se fait très vite des amies et assouvi sa boulimie de contact lesbienisant. Elle parle fort pour dire des foutaises. Elle se croit drôle vu que tout le monde rit quand elle parle. Ce n’est pas de sa faute la pauv’ fille est sincère, c’est la faute au mecs qui rient pasqu’ils n’ont rien compris, mais qu’il faut quand même rire pour avoir la moeuf au lit une fois la nuit venue. La Jet-setteuse, a souvent des boulot où elle développe ses rapports humains, médecins, infirmières ou secrétaire… La jet-seteuse, s’occupe elle aussi de son look. Bien voilée le matin, religieuse et bien rangée, pas perverse d’un poil, elle est la femme modèle de tout jetseteur pervers. La femme docile et idiote qu’il aimerait bien avoir comme bonne et pétasse chez lui. Le soir, elle se déchaîne, la jet-seteuse se lance sur la piste, rie à tout bord et lance des vannes. Elle se prend pour une suédoise, la cervelle en moins et la bêtise en plus.

Aussi insipides que des asperges, ces personnes là pilullent l’été dans le marécage puant qu’est la société Tunisienne. A ces gens là et à ceux qui arrivent à les supporter je veux dire tout mon mépris. A tous ceux qui se prennent pour ce qu’ils ne sont pas et qui jouent des rôles je voudrais dire de s’occuper de ce qui est vraiment important pour eux et pour leurs semblables : l’amour, la science, le bien, la liberté. Occupez vous un peu plus de ce qui ne vous intéresse pas. Occupez vous de l’autre qui crève de faim le soir dans les montagnes de Aïn Drahem, pensez à ceux qui sont en guerre, pensez à vous-même dans 40 ans.
L’autre jour une conasse avait fait son numéro dans une pâtisserie : « Salé hédha ? » en pointant sur des brioches au chocolat. Deux mots, pour lui dire ce que je pensais d’elle et de ceux qui lui ressemblent. Quelques larmes plus tard, j’espère qu’elle a réfléchi et qu’elle changera…


PS : Recontextualisation obligatoire. J'avais écris cette note le 23 juillet 2005 et jusqu'à aujourd'hui, elle est encore le centre de discussions animéés sur mac125.com. C'est terrible à quel point les gens peuvent être bêtes quand même pour encore parler de ce qui devait être une satire...

mardi, janvier 30, 2007

La polygamie : Restes de la bestialité des hommes

La polygamie est ce qui fait des hommes des animaux, toujours bandant, toujours à l’affût de la proie sexuelle. Comme les animaux qui se doivent de baiser toutes les femelles en chaleur qu’ils rencontrent pour transmettre leurs gènes.
L’humanité ne serait-elle pas dépasser ces pulsions basses, arrêter de les légitimer la bestiale bassesse pour vivre, aimer, être fidèle et être vrai ?

jeudi, janvier 25, 2007

L'éducation sexuelle des jeunes tunisiens en question

L’éducation sexuelle, ce n’est pas comment on fait, mais voilà l’anatomie, la physiologie, voilà la biologie, voilà la psychologie, voilà la société avec ses us et coutumes, voilà les précautions et voilà les risques liés à la santé sexuelle et à la reproduction. Voilà aussi qui consulter en cas de besoin de conseil et de nécessité de traitement.

L’éducation sexuelle s’adresse à tout le monde, de l’adolescence à la vieillesse. Des problèmes de santé sexuelle, il y en a à tous les paliers de la vie.

« L’éducation sexuelle précoce n’incite pas à la pratique sexuelle précoce », c’est l’OMS qui l’a dit, après de nombreuses études dans plusieurs pays.

Une bonne éducation sexuelle évite les grossesses non désirées, les interruptions volontaires de grossesse, les maladies sexuellement transmissibles dont le sida, les risques de stérilité, les traumatismes psychoaffectifs, les violences sexuelles, les violences de genre, les drames familiaux, les infanticides, les suicides…

L’abstinence ne peut pas résoudre la question de l’éducation sexuelle. Car l’éducation sexuelle ne se résume pas à la sexualité, mais contribue à l’équilibre qui aboutit à une bonne santé mentale et physique.

A Tunis, du côté des cliniques, hôpitaux et autres structures spécialisées, voilà quelques exemples de ce qu’on peut voir dans les services de gynécologie.

Abir a 20 ans et 2 mois, elle est étudiante en 2ème année, et elle porte le khimar. Depuis quelques jours elle est prise en charge en milieu spécialisé pour trouble de l’attention, difficulté de concentration, tristesse excessive, mauvais résultats scolaires et …infection génitale. Il s’est avéré que la dépression latente et l’infection génitale avaient la même cause. Le fiancé (peut-être était-il barbu !) obligeait sa future épouse à avoir des rapports sexuels. La jeune étudiante est complètement désorientée, partagée entre le dégoût, la dévalorisation de soi et l’envie de disparaître. Pratique très courante, nous dit-elle, dans le milieu étudiant «barbu/voilée».

Esma, 23 ans, une étudiante en 3ème année dans une prestigieuse école, se demande comment elle est tombée enceinte alors qu’elle n’a eu que des rapports superficiels : «Personne ne m’a forcée à faire ce que j’ai fait, c’est parce que j’en avais envie », nous dit-elle. A la question de savoir si elle regrette ce qu’elle a fait, elle répond : « J’aurais aimé être informée et me protéger ».

Le comble, c’est cette étudiante en paramédical qui « n’était pas sûre qu’on risquait une grossesse après le 14ème jour du cycle ». Elle l’a appris à ses dépens. « Dans ma discipline on fait très peu de gynécologie, et je n’ai jamais parlé de ça avec qui que ce soit ». Elle a à peine 20 ans.

Amani, 25 ans, travaille dans une usine de confection, elle consulte au centre de l’ONFP. Après son IVG, elle « se tape » une crise de pleurs de deux heures. Elle n’a rien voulu dire sur son histoire.

L’expérience est traumatisante pour toutes ces jeunes, à telle enseigne que quand on leur demande quel moyen contraceptif elles comptent prendre, elles répondent toutes : l’abstinence. Pourtant les récidivistes d’IVG existent.

Lors d’un séminaire médical à Tunis, le Dr X, chef de service de gynéco-obstétrique s’alarme du nombre croissant de grossesses non désirées chez les jeunes filles, quel que soit le milieu socio-culturel.

Dans le cadre de la formation continue dispensée aux médecins de la Santé publique, l’orateur parle des problèmes de santé de la reproduction rencontrés par les jeunes et des différentes méthodes mises à la disposition des praticiens pour leur venir en aide (pilule abortive, pilule du lendemain, prise en charge psychologique, éducation sexuelle…). Soudain un médecin femme interrompt la communication pour dire : « Dites-moi, nous sommes dans une société musulmane ou je rêve ? », et tout de suite un autre confrère renchérit : «Mais vous les encouragez en leur facilitant tout ».

L’orateur leur a demandé leur conduite à tenir en cas de viol ou d’inceste. La pilule du lendemain s’impose, pour éviter des catastrophes.

Les chiffres officiels confirment les inquiétudes du médecin.

Les viols et les incestes sont fréquents (un viol et un inceste sur cent consultations jeunes).

Les MST (maladies sexuellement transmissibles) représentent plus de 65% des motifs de consultations chez les jeunes.

La grossesse non désirée touche Mademoiselle tout le monde

Il fut un temps où les grossesses non désirées touchaient les très jeunes filles à peine sorties de l’adolescence, ou ces malheureuses employées de maison abusées par leurs patrons mâles ou par d’hypothétiques fiancés.

Aujourd’hui le profil a changé, c’est un peu la fille de Monsieur tout le monde (elle peut être instruite ou non, il n’y a aucune différence statistique), dans la tranche d’âge des 20 à 25 ans.

Elle manque d’éducation sexuelle, c’est sûr, mais elle est à la recherche de ce partenaire qui tarde à venir.

Si en 1984 l’âge du mariage était 24 ans pour les filles et 27 ans pour les garçons, en 2005 il est de 29 ans pour les filles et 33 ans pour les garçons.

Quand on arrive à la trentaine et qu’on est célibataire, c’est le corps qui parle plus que la raison. Et si l’on est mal informé, on ne va pas comprendre son corps, et on ne va pas vivre en harmonie avec sa sexualité et sa société.

Dans une étude réalisée par l’ONFP, intitulée « les jeunes au quotidien », l’enquête conclut que :

- «l’âge au mariage souhaité est de 27 ans pour les garçons et 22 ans pour les filles ;

- l’image que les jeunes se font de l’amour, du mariage et de la sexualité révèle qu’ils sont moins encombrés de préjugés, d’exigences, et d’interdits ;

- quatre jeunes sur cinq attribuent à l’amour une dimension affective sur laquelle se fonde le mariage ;

- un jeune sur cinq exprime des difficultés à aborder le thème de la sexualité avec autrui. La sexualité n’apparaît pas comme un sujet tabou chez ces jeunes qui sont 99% à répondre à des questions intimes ;

- l’interlocuteur le plus souhaité est le médecin ».

Par R. Samira Rekik
Publié dans le magazine Réalités

dimanche, janvier 21, 2007

Qu’arrive-t-il au café des délices ?

Depuis quelques semaines, le café sidi châbane à Sidi Bou Saïd a fermé ses portes, sans aucune information sur les raisons de cette fermeture. On a remarqué auparavant qu’une maison à côté a été détruite et est en train d’être réaménagé sur tout le flanc de la colline. De grands travaux d’aménagement que j’ai pu moi-même vérifier en entrant dans le chantier.
Ce café est un café mythique de notre village le plus connu au monde. J’espère qu’il n’a pas été repris par de véreux propriétaires…

dimanche, janvier 07, 2007

Récupération politique des blogs

Au vu des derniers évenements qui ont secoué la région de Tunis, beaucoup de blogs ont parlé de la chose en rapportant rumeurs (infondées pour la plus part) et opinions de toutes sortes.
Ce que beaucoup ignorent peut être; c'est que leurs paroles, idées, rumeurs, sont relayées parles organes d'information de l'opposition politique en Tunisie : genre Ennahdha (Dieu nous en préserve) et Cie...
Je pense que ces personnes qui lisent les blogs et qui n'hésitent pas à rapporter ce qui est écrit par certains sans leur demander leur avis sur la question ont tort de faire cela car ceci peut entrainer la censure pure et simple des blogs dont ils rapportent les dires.
Le blog est un écrit personnel, il peut être politique ou apolitique, mais est avant tout personnel, on n'a pas le droit de rapporter, de recontextualiser ce qui est écrit sans demander l'avis de l'auteur. C'est le moindre des respects.