dimanche, juin 11, 2006

Que vaut une vie en Tunisie ?

Le dernier fait de violence folle qui a agité la blogsphère (la tragédie du garçon qui s’est fait renverser par une voiture) n’est resté qu’une histoire de blogs, de café populaire et de journaux à sensation. Pourquoi est ce que la télévision nationale ne rend jamais elle compte de tels événements tragiques ?!

La violence en milieux scolaire par exemple. L’autre jour, il y a eu une petite bagarre devant un lycée en France et cela a fait la une des journaux télévisés. En Tunisie, les agressions entre élèves et contre les enseignants sont malheureusement monnaie courante, et personne n’en parle. Jamais la question n’a été soulevée pour analyser le problème ou tout simplement avouer qu’il y a un problème de violence dans notre pays. Quels sont les chiffres de la délinquance et de la criminalité ? Ils ne sont jamais publiés, jamais connus en tout cas, tant dis que cela est un droit essentiel du citoyen pour qu’il évalue la qualité du travail qui est effectué par SA police.

Il y a dans notre pays une telle banalisation de la violence, et presque une banalisation de la vie humaine. Quand des drames se produisent, en Europe, ils en parlent, ils essayent de comprendre. Quand c’est une violence publique, ils l’analysent et essayent d’y trouver une solution convenable !

Savez vous qu’en Hollande, on annonce dans le journal télévisé local qu’un chat a été écrasé ?! Aucun Tunisien n’a eu le droit à cet honneur, à cet hommage à la télévision nationale, quelque soient les conditions de sa mort, aussi affreuses et révoltantes qu’elles soient.

Règlements de comptes, fratricides, maltraitance juvénile, agressions sexuelles et pédophiles (je me rappelle encore cette histoire de l’imam pédo publiée il y a quelque mois dans « le Temps »), rien n’est dit, tout n'est que rumeurs. La vie d’un tunisien ne vaut elle donc rien ?

Je ne comprends pas…

6 commentaires:

Roumi a dit…

@Sup'Co : mon cher Ami, je vois que tu as pu recommencer à frapper ton ordinateur !

Bon je suis d'accord avec toi. Si la violence est un crime, le silence qui s'en suit est un second crime, pire encore.
Ne pas parler des problèmes d'aujourd'hui c'est condamner d'autres innocents demain, des gens que l'on connaît peut être, des gens de notre famille, ...
C'est tout à fait choquant de ne pas parler. On pense régler les problèmes en les étouffant, en faisant comme s'ils n'existaient pas, en maintenant la fiction d'une société idéale exempte de tout défaut... et un jour ces problèmes sont tellement importants qu'on ne peut plus rien faire du tout pour les régler ; et on agit alors sans discernement, sans efficacité et on ne règle rien.

Pour qu'une société évolue positivement dans ce domaine il faut :
1° qu'elle ne se pense plus comme une société idéale et sans défauts et qu'elle cherche, par conséquent, à progresser pour le bien être de tous.
2° qu'elle arrête de se comporter en société victime et de penser que toutes les perversions sociales (violence, meurtres, agressions sexuelles, ...) ou tout autre problème sont importés de l'étranger.
3° que l'Etat soit le promoteur de ce débat, qu'il incite la société à réfléchir, à débattre plutôt que de la laisser végéter en la maintenant dans l'ignorance des problèmes.

Bref une société doit assumer, sous l'impulsion de l'Etat, ses défauts tout autant que ses qualités ; elle doit avoir à coeur de progresser, particulièrement dans le domaine de la protection des individus. C'est bien la moindre des choses que l'on peut attendre de chaque société existante.

Xander a dit…

Tout à fait d'accord avec toi Roumi.
Justement, l'état pense que la criminalité et autres "perversions" sociales sont quelque chose à cacher, comme si c'était honteux.
On oublie que ce sont des choses qui arrivent partout. La société idéale n'existe pas (encore).
Il faut donc en parler et sortir de la langue de bois

amel a dit…

La vie humaine n’est plus ce qu’elle est depuis longtemps. Et c’est pas uniquement l’affaire d’une vie qui s’en va de ce monde, non !! aujourd’hui, notre sécurité est tout le temps en jeu, notre dignité est en jeu, enfin,… toute notre existence devient menacée par le mal d’être agressée par un alcoolo qui se balade dans les rues en fin de journée, un pédo qui joue l’ « Imam » avec le société alors que dieu sait qu’est ce qu’il a sur le dos !bref, on a peur , souvent peur de ce qui peut nous arriver en quittant chez soit. Il est peut être vrai que toute société ne peut être épargnée de ce genre d’incidents, mais comme tu l‘as bien dis, on a fortement besoin d’être informé de faits réels et analysés, on n’a plus besoin de rumeurs…notre société est aujourd’hui assez mure pour recevoir l’information avec des preuves qui l’illustrent et appuyée par de bonnes analyses qui pourront peut être empêcher que ça recommence demain.

Xander a dit…

Justement Amel, Qui ne s'est pas déja fait aggréssé ? Tout le monde je pense, et pour celui a qui se n'est pas encore arrivé, ce n'est malheureusement qu'une question de temps.
Ceci donne un peu une idée sur la prévalence énorme de l'insécurité dans le pays et la violence qui caractérise notre monde.
L'autre jour, j'ai vu qu'il y a une assistance psychologique pour les personnes qui ont subit des violences physiques directes (du type, vol à l'arrachée), fi tounes, c'est arrivé dernièrement à un ami à moi. A la police on lui a dit : inchalla labes et les coupables n'ont pas été retrouvés, bien qu'ils aient fait leur travail (il faut être honnaîte)
Bref, c'est vraiment une question importante aujourd'hui.

@Roumi, c'est un petit article, celui dont je t'ai parlé est encore sur mon disque dur, il attend un bon jour pour sortir ;-)

Roumi a dit…

@Sup'Co : alors j'attends le bon jour... !
Et j'attends aussi le rapport d'enquête du détective Elliot nesnes.
A plouch. Porte-toi bien.

Hatchoum a dit…

parler d'un problème publiquement veut dire qu'on est prêt à assumer les conséquences du débat qui s'en suit à travers une action politique
en france après chaque debat on parle de projets de loi ou de mesures concrête
en tunisie personne n'est responsable de rien et toute mesure découle non pas d'un devoir qui accompagne chaque poste de responsabilité mais d'une, comment dire , "emzia" , l'action est une exception, la passivité est la règle