dimanche, octobre 08, 2006

Lancé de chats et fouilles de poubelles

Concours de lancer de nains, concours de lancer de portables et concours de lancer de chats. A chacun sa compétition. Comme on ne peut ni lancer les nains, ni les portables, on s’amuse à jeter des matous. Ce concours a été organisé dans un terrain vague, quelque part à Tunis.
Des gosses chassés de chez eux par des mamans plongées dans les marmites, s’acharnent à trouver une occupation, en attendant qu’on leur permette de regagner la maison au moment de la rupture du jeûne.
Ils ont fini par trouver un jeu : lancer des chats, de préférence des chatons, parce qu’ils sont moins agressifs. Il faut, bien sûr, trouver des félins, les amener sur le terrain et les lancer ; de préférence contre un mur. Evidemment, ce n’est pas aussi facile que ça. Les chats ne se laissent pas faire facilement.
Résultat : le quartier entier est plongé dans un concert de miaulement tellement strident que les gens sont sortis de chez eux pour voir ce qui se passe. Les gosses, du moins les plus jeunes ont ramassé pas mal de coups de griffes. Leurs aînés, eux, ont battu les matous qui n’ont pas fait preuve de docilité.
Ce jeu ne fait heureusement pas l’unanimité. Le gros de nos enfants aime les animaux, Dieu merci. Il suffit que deux ou trois morveux leur inspirent de tels amusements, périlleux, par ailleurs, pour qu’ils s’y mettent.
Le lancer de chats n’ayant pas marché, c’est un autre jeu qui prend place. La fouille des bennes à ordures. Une fouille " à thème " ". Le gagnant est celui qui trouve, par exemple, une carte de recharge de Gsm, un berlingot de lait, une arête de poisson. C’est un concours de vitesse, il faut décrocher l’objet le premier et généralement, le plus âgé des mômes dicte la règle du jeu et décide de l’objet à trouver.
Comment ça se termine ? En queue de poisson. Cris, bagarres, batailles rangées, poursuites, représailles, embuscades, jets de pierre et boucan infernal. Dans les maisons, les papas font la sieste, les mamans préparent les mets du ramadan en toute quiétude, sans gosses dans leurs jupons, sans énervement.
A la rupture du jeûne, les enfants s’amènent. Pisseux, crasseux, blessés, complètement lessivés. Ils se mettent à table. Comme ça, sans que personne ne leur demande de se laver, de se changer. Tout le monde est fatigué, tout le monde est out.
Le lendemain ils iront à l’école sans que personne ne leur demande de se laver. Ils reviendront l’après-midi. Rebelote. On les chassera de la maison pour avoir la paix.
Décidément, le Ramadan n’est pas le mois des gosses.

Source : TunisHebdo

3 commentaires:

Roumi a dit…

Tout cela est un peu affligeant. Cela étant dit ce phénomène ne me semble pas récent et pas lié spécifiquement au ramadan.
Je me souviens que mon grand frère K. m'a raconté plusieurs fois des maltraitances d'animaux par des jeunes enfants tunisiens. Je préfère pas en parler...
Quant à fouiller et renverser les poubelles, ça fait aussi partie des grands classiques universels des distractions d'enfants livrés à eux-mêmes. Evidemment ils sont dans la rue sans surveillance donc ils sont tentés par des activités proscrites et, dans certains cas, ils font les choses sans même réaliser la portée de leurs gestes ; et aucun adulte n'est malheureusement présent à ce moment pour "remettre les pendules à l'heure". C'est dommage.
Des enfants qui traînent dans les rues sans surveillance, il y en a toute l'année et partout. On en trouve aussi une quantité incalculable dans les banlieues de la région parisienne et ce phénomène touche des gens de toutes origines ethniques et de tous milieux sociaux. Des enfants traînent parfois à partir de deux ans au milieu des barres d'immeuble, à la merci de tous les risques possibles et imaginables ; ils sont placés sous la responsabilité de leurs aînés qui n'ont parfois que deux ou trois ans de plus ! C'est hallucinant.
Il y a souvent une certaine négligence de la part des parents et cela peut se payer à l'adolescence, quand l'enfant cherche à s'affirmer face à ses parents. Il est parfois alors trop tard pour redresser la situation et imposer une certaine autorité. L'enfant a besoin d'éducation, de repères, de surveillance dès son plus jeune âge.

Bon en tout cas, mon p'tit Xander, mets tes chats à l'abri, c'est plus prudent. :-)

Anonyme a dit…

quel article!!!!ça m'a à la fois agacé et fait rire..........

Frchmt, que faire face à ça.Il faut blâmer les parents,qui ne s'occupent pas de leurs gosses.

Mais bon,,,,

kaiser a dit…

Eh bien, on aura tout vu, tout entendu ... Je ne sais ce que les voisins auraient préférés : ce qui est raconté par TH ou une partie de foot entre 3h et la rupture de jeune, avec a la cle une bataille rangé a cause d'un but, ou peut etre ...

En tout cas, c'est un peu la faute des parents qui ne sensibilisent pas leurs enfants, et ce dernier point n'est généralement pas la priorité de ces derniers dans les quartiers chauds et pauvres de la capitale. Laisser les mômes se débrouiller dans la rue est une meilleure solution pour eux.

Un dernier point, avec cet article, tu vas faire rougir de colère les défenseurs des animaux, à commencer par Brigitte Bardot :-p