samedi, septembre 16, 2006

Dynamique du Désir

Un ami m'a envoyé hier un SMS fustigeant mon blog, disant que, comme tous les autres blogs, il est nul, superficiel et faux.
Soit ! C'est son droit de penser cela, et je suis bien heureux de trouver des gens pour critiquer ce que je dis ou pense...


Je me balladais aujourd'hui à Tunis, cherchant un truc bien précis. J'ai eu pendant ma longue marche l'occasion de bien observer les gens et leurs comportements. Surtout que, comme j'avais la musique dans les oreilles, je n'entendais pas du tout le bruit de la ville... J'étais comme détaché de ce qui m'entoure.
Alors, une constation m'a frappé. Il est vrai que je l'avais remarqué depuis longtemps, mais aujourd'hui je l'ai remarqué encore plus : La tendance terrible qu'on les garçons à se toucher et à se tripotter. C'est à croire que la majorité de la population tunisienne ado est homosexuelle !
Comme je l'ai lu une fois, les ados tunisiens avouent à 25% avoir eu des relations homosexuelles au moins une fois dans leur vie.
Cela est énorme, mais normal dirait on pour les ados...
Alors si les jeunes européens et européennes sont dévergondés, que dire des jeunes Tunisiens ?
Il est tout de même étonnant de voir comment il y a, au moment du mariage, un glissement du désir vers les filles.
En effet, les filles c'est par définition difficile à baiser, à moins de se procurer des doux (mais couteux et risqués) services d'une prostituée. Alors les garçon baisent entre eux, dans une sorte de sublimation de leur désir du féminin. Elles n'étaient, à ce propos, pas rares les histoires au lycée de gars qui se faisaient des plans entre gars... C'était certes honteux, mais c'était assez bien accepté.
Pour des raisons purement culturelles et religieuses, les garçons de notre pays sont poussés "au vice"; si ce n'est pas la masturbation, qui en fin de compte n'est pas si terrible, c'est les petites enculades entre amis qui deviennent la norme avec tout ce que ces pratiques comportent comme risques d'MST.
Alors deux choses sont essentielles à mon avis :
  • Proposer une éducation sexuelle digne de ce nom, qui serait enseignée au lycée, qui soit explicite et claire.
  • Lancer des campagnes d'information sur les MST explicites et directe. Il est révolu le temps où l'on parle du SIDA avec des colombes en fond et en diffusant des messages moralisateurs du genre : "Préférez l'abstinance"... Mais enfin !! Si l'on a à faire à un gros baiseur, on ne va pas l'empêcher de faire ses "besoins".

15 commentaires:

marou a dit…

Il y a une autre composante culturelle que tu oublis et que je ne crois pas d'ailleurs limitée à la Tunisie qui est la différence de jugement entre être actif et passif dans ce genre de "jeux initiatique" et ce qui permet de se faire bonne conscience.
Mais bon le chiffre de 25% me semble un peu gros!
Par contre j'ai lu quelque part qu'avant les jeunes hommes, dans les pays d'orient, avaient certaines affections manifestes entre eux et surtout dans les bains turcs ,qui n'avaient rien d'homosexuel mais qui ont choqué trés profondement les premiers visiteurs de nos lattitudes.

Roumi a dit…

@xander : on a déjà parlé de cela ensemble et donc je partage ton analyse dans les grandes lignes.

Etant régulièrement l'objet de préjugés fantasmatiques de la part de Tunisiens sur ma sexualité (qui est pourtant inexistante), je mesure à quel point l'homosexualité est une idée obsessionnelle dans la société tunisienne et donc une pratique qui existe plus fortement que ne le laisseraient imaginer les discours officiels et les normes sociales et religieuses en vigueur. Dans mon cas, je me suis souvent dit que certains de ceux qui me prenaient pour un homo devaient au fond l'espérer vivement pour calmer effectivement leurs propres frustrations. Parfois je ressens de la peine de voir ces fameuses frustrations qui sont l'illustration d'une incapacité de la société à s'adapter à ses propres réalités qui sont pourtant séculaires.

J'émettrai simplement une nuance à propos du "toucher". Il ne faudrait quand même pas lier tous les contacts à cette frustration sexuelle qui existe parfois. Tous les gestes n'ont pas la même signification et tous les gestes ne sont pas sexuels !
Cela m'emmerderait franchement qu'on me reproche certains gestes d'affection anodins que je peux donner à un ami ou encore le fait d'embrasser et de serrer un frère dans mes bras. Evidemment, à l'époque où l'on vit, ce genre de comportement innocent devient suicidaire vu qu'on est immédiatement catalogué dans une catégorie à laquelle on n'appartient pas forcément. Personnellement j'ai tendance à ne pas vouloir céder à cette pression qui voudrait asseptiser certains rapports humaines et anéantir certaines marques vives de tendresse ; je sais ce que je risque malheureusement mais je crois qu'il vaut mieux vivre malgré tout et ne pas se plier au regard vicieux des autres. J'ai une conception très puissante de l'amitié et j'ai des mots et des gestes en conséquence dont profite chacun de mes frères ; je n'ai pas envie de changer d'attitude pour faire plaisir aux inconnus qui pourraient me dévisager lorsque je suis avec l'un de mes frères.

Pour compléter le commentaire de Marou, je reviens sur la notion actif/passif. Puisque je suis spécialiste d'histoire antique, je dois signaler que cette distinction existe depuis l'antiquité, époque à laquelle l'essentiel pour être reconnu socialement était d'être actif, quelque soit le sexe du partenaire ; dans ces conditions, la femme était par essence dévalorisée de même que l'homme passif. Aujourd'hui, cette distinction existe encore et on sera plus indulgent ainsi avec l'homo actif, qui agit comme il agirait avec une femme, qu'avec l'homo passif, qui est vu comme "prenant" le comportement "soumis" d'une femme. Autrement dit, pour certains, être actif leur donne bonne conscience et leur permet de nier la nature de leurs relations sexuelles et, pire encore, d'opprimer ceux qui seraient passifs ou ouvertement homos ou bis. Je me souviens encore d'un article du journal Le Monde du début de l'année 2006 qui parlait d'un maghrébin homo vivant dans une cité de banlieue française ; des jeunes voisins ont menacé de le dénoncer à ses proches. Que lui ont-il demandé en échange de la non dénonciation... ? Ils ont demandé à ce jeune homo de venir régulièrement dans la cave de l'immeuble pour les sucer tous les uns après les autres et apaiser ainsi leurs propres frustrations... Cette histoire m'a bouleversé et je l'ai trouvé exemplaire dans le domaine de l'hypocrisie.

->> AntikoR <<- a dit…

juste une remarque , la majorité des tunisiens pensent que s'il ya des homos dans le pays, c'est parce qu'on suit ce qui se passe en europe.. cet avis est peut etre superficiel, mais tout le monde y adhere.. çà viens d'ailleur grace aux chaines X et aux touristes aussi genereux que "chahinou" .. mais c un autre sujet je sais..

Roumi a dit…

@antikor : la société se donne effectivement bonne conscience en pensant que tout phénomène jugé déviant provient de l'extérieur ; elle projette alors ses propres fantasmes, frustrations et préjugés sur les étrangers censés bouleverser un supposé équilibre. On entretient l'illusion d'une société faussement idéale, lisse et parfaite qui n'existe que dans les rêves ; on réduit l'homosexualité maghrébine au seul phénomène de la prostitution pour se "rassurer", occultant ainsi l'essentiel. L'homosexualité existe partout depuis la nuit des temps et n'a donc nullement été importée en Tunisie ; on peut en trouver de nombreuses évocations dans l'histoire et la littérature "arabe" (au sens large du terme).

Personnellement j'ai toujours été d'une grande naïveté et, quand j'ai commencé à recevoir régulièrement des réflexions sur ma prétendue vie sexuelle, je me suis demandé pourquoi beaucoup de gens me voyaient à tort comme un homo. Pour comprendre, je me suis alors interrogé sur le phénomène de l'homosexualité en Tunisie ou plus généralement au Maghreb, pensant au départ que cela n'existait pratiquement pas. J'ai interrogé des amis et les langues se sont très vite déliées ; tous avaient des choses à dire à ce sujet.
Il existe une autre façon fort intéressante de prendre la mesure de la présence bien établie de l'homosexualité dans les sociétés du Maghreb ; il suffit d'entrer sur les plus importants sites de rencontres par internet et de régler les paramètres de recherches sur " garçon cherchant garçon" ou "fille cherchant fille" et choisir comme pays "Tunisie", "Algérie" ou "Maroc"... on prend alors la pleine mesure de l'ampleur de l'existence de l'homosexualité dans les sociétés du Maghreb, phénomène qui dépasse largement la simple prostitution avec les Occidentaux. On peut aussi rechercher par exemple les jeunes maghrébins homo vivant dans un pays européen en paramétrant l'origine de l'individu ; là encore on en apprend beaucoup.
Je pense souvent à ce jeune de Sousse qui m'a abordé en pleine rue ; encore une fois ma naïveté ne m'a pas alerté sur ses intentions et je l'ai suivi à la terrasse d'un café pour simplement discuter... et sa première question était bien entendue sur mes pratiques sexuelles pour avoir directement l'information essentielle... ben le pauvre a dû être bien déçu ; néanmoins il a eu droit à une consommation gratuite vu qu'il n'avait pas d'argent pour payer... et je lui ai même filé de l'argent pour qu'il achète un paquet de cigarettes et arrête de me suivre dans la rue... Je me souviens que quelques jours plus tard un gars un peu bizarre s'est approché de moi à Monastir et que je me suis enfui, pensant que j'allais encore être importuné. :-)

Anonyme a dit…

Merde alors,, mais d'ou tu tiens ton chiffre de 25% que t'as lu par hasard. C'est de la désinformation, chui sûr que t'as du lire qqc d'autre.(et d'abord c kel article et kel journal)

Peut etre que t'as l'air un peu homo sur les bords et que qqun s'est foutu de toi,donc tu crois que les ados tunisien sont homo.

Frchmt je ne comprends pas ce post que t'as écris, t'as pris une tfaddlika entre mecs au premier degré et t'as rendu les tunisiens homo (à25%)

Pour moi il n'y a pas de fondements à ce que tu nous raconte, et je trouve encore plus .... la réponse de roumi sur l'antiquité qui se met à nous faire de l'histoire comme quoi il en connait un rayon.(

Xander a dit…

@ Anonyme : Deux choses avant de commencer: Je ne suis pas homo et je ne donne des informations que quand je suis sûr de leurs véracité.
Le chiffre de 25% d'ados ayant eu des rapports homosexuels au moins une fois dans leur vie est une moyenne sur toute la tunisie. A savoir que le chiffre est plus élevé en milieu rural qu'en milieu urbain. Ces chiffres sont issus d'une étude en sexologie (l'une des rares réalisées en Tunisie), effectuée par un psychiatre tunisien (je t'avoue que j'ai oublié le nom, mais il est sfaxien, ca c'est sûr). Donc les chiffres sont justes.
Sinon pour ce qui est de la tfadlika entre garçons, je pense que tous les garçons du monde rigolent bien au premier degré entre eux mais pas de cette manière, un tel comportement chez les ados tunisiens est bien, à mon avis, l'expression d'une sexualité problématique.

YaYa a dit…

Ca se précise, on dirait...
J'en dirai pas plus, puisque mon précédent message a été censuré par tes soins. Et il évoquait, certes plus abruptement, le sujet que tu te décides de traiter dans cet article. Ca tourne autour du pot, me souffle mon mauvais esprit. Pardon.

Les réactions à ton article semblent confirmer mes suppositions.

Je compatis...

zizou from Djerba a dit…

Azizi Xander !!
Primo moi j'aime beaucoup ton blog et je le lis tout le temps !! Sinon je voulais te dire que le chiffre est de 33% et comme j'ai personnellement participé a cette enquete je me suis permis d'en publier les resultats sur le net avec l'accord des auteurs.
Cette enquete est attaquable a plusieurs niveaux et je suis le premier a en etre conscient!! on le sais mais on a pas eu le choix !! malheureusement aucune enquete n'a été faite depuis !!

soulef a dit…

Je partage le point de vue de Roumi...la société se donne bonne conscience en occultant ce genre différent de sexualité , c'est drôle , toutes les remarques incriminent les homosexuels ! alors qu'il est en nombre croissant et on leurs rend pas service en les niant car ça ne ferait qu'empirer les choses ...
j'ai la nette impression dés qu'on attaque un sujet tabou , on est pris à la gorge comme si on n'est pas des êtres humains comme les autres (en comparant avec les pays occidentaux ) pourquoi comparer c'est un comportement humain , ça rentre ds les critéres social ou pas ...c'est dingue !

Anonyme a dit…

Apres avoir lu ton post et les quelques commentaires je me permet de faire quelques remarques :
- Le point problématique est le chiffre annoncé, je le trouve aussi un peu gros. En prenant une classe de 30 lycéens (15 filles, 15 garçons) il y aurait donc à peu près 4 d'entre eux qui auraient eu des relations homo. Sincèrement j'en doute mais il faudrait regarder cette étude de plus près.
- A tous ceux qui ont posté je voudrais rappeler qu'avoir eu une relation homo ne veux pas dire qu'on est homo. Ca peut etre une erreur de jeunesse, un accident, un evenement sans suite...
- Ta critique du comportement observé lors de ta balade à Tunis me pose problème. Il vient d'une conception occidentale et chrétienne de ce qui est permis entre les hommes. Je vis en France et à chaque fois que je rencontre un copain tunisien on s'embrasse (sur les joues bien sur). Les français trouvent cela bizarre, les hommes se serrent juste les mains. En plus j'ai eu la chance de visiter quelques pays arabes moins influencés par la culture occidentale que nous tunisiens: si on se refere à ton raisonnement ils seraient tous homo...
Pour finir, on ne devient pas homo en se touchant les mains ou les épaules dans la rue c'est bien plus profond que ça...

Roumi a dit…

@u dernier anonyme :
- pour les chiffres, il est évident qu'il faudrait que l'étude porte sur l'ensemble de la population tunisienne... mais c'est impossible. Cette étude a au moins le mérite de montrer que ces comportements existent et ne sont pas rares.
- avoir une relation homo ne veut pas dire qu'on le sera toute sa vie, c'est vrai... mais pourquoi penser que ce serait une simple "erreur", un simple "accident"... ceux qui le font sont des êtres conscients et volontaires et certains ne le font manifestement pas qu'une fois et certains même ont cette pratique courante. Encore une fois, c'est un peu dangereux de vouloir minimiser cette pratique et de la réduire à des incidents insignifiants ; cela conduit au rejet de ces êtres qui se trouvent dans ce cas et à nier l'existence d'une pratique ancienne dans la société.
- concernant la "conception occidentale et chrétienne", c'est relativement inexact comme formule. On pourrait à la rigueur parler de "conception non méditerranéenne" puisque les Méditerranéens partagent souvent cette pratique d'embrasser et de toucher que l'on soit à Tunis, Marseille ou Palerme. D'autre part, il faut souligner l'hypocrisie de cette "conception méditerranéenne" puisque les mêmes gens qui s'embrassent trouvant cela normal peuvent dans le même temps avoir de fort vilaines pensées à l'égard des autres. Je connais un bon nombre de Tunisiens qui ne seraient pas choqués d'embrasser et toucher mais qui en ont fait le reproche à moi même ou à d'autres. Personnellement, dans ma vie quotidienne de ces quatre dernières années, je décerne la palme d'or aux Tunisiens pour ce genre de remarques désobligeantes. Evoquer une "conception occidentale et chrétienne" me semble donc un peu réducteur pour appréhender cette question dans sa globalité.

Anonyme a dit…

@roumi: je suis l'auteur du post que tuas critiqué et les insultes c'est pas moi...
Ma réponse est : par une relation je voulais dire une fois et puis c'est fini. Dans ton post j'ai eu l'impression (et je peux me tromper que tu parles des bi-sexuels, c'est un choix de vie que je comprends aprés tout ils sont libres de faire ce qu'ils veulent.
Je reviens enfin à l'hypocrisie, nous le savons tous c'est bien le sport national chez nous, nous en avons tous souffert et c'est pas pret de s'arreter...

Roumi a dit…

@au dernier anonyme :
je voudrais simplement te remercier pour ta courtoisie et le fait que tu saches employer des arguments et non des insultes. Merci. :-)

Xander a dit…

@ Tout le monde : Je suis très heureux que ce blog vous permette à tous de bien discuter à propos de différents sujets aussi polémiques les uns que les autres. Je voudrais cependant vous rappeller qu'il faut savoir respecter les règles de bonne conduite. Tout commentaire insultant sera immédiatement effacé.
Merci de votre compréhension.

Nina a dit…

A te lire j'ai eu l'impression que tu es comme qui dirait un poil homophobe c'est ton droit le plus absolu on ne peut pas contrôler ses phobies. Néanmoins je voudrais te signaler que l'homosexualité ne touche pas les garçons seulement mais aussi les filles alors que tu as centré ton article uniquement sur les gais ce qui prouve encore une fois ton homophobie.
Autre chose, tu sais l'homosexualité n'est pas une maladie qui s'attrappe par un toucher, une ambrassade ou un calin entre MECS dans la rue, c'est juste une préférence sexuelle qui ne devarit pas faire des gens qui l'affichent des citoyens marginalisés.
Je ne vois pas pourquoi un homme et une femme auront le droit de se tenir la main dans la rue et pas 2 hommes ou 2 femmes.
Par ailleurs une expérience homosexuelle n'est pas forcément une erreur ou un accident comme on a dit dans un des comments cela peut être une expérience enrichissante pour un hétéro ou révélatrice pour un homo.
Et bien que je sois croyante je suis tout de même tolérante vis à vis de ces gens là qui audelà du sexe ont des sentiments, s'aiment et se jurent fidélité et sont parfois bien moins vicieux que certains hétéro.
Ma religion m'appris la tolérance même et surtout envers les gens qui sont différents.