lundi, juillet 09, 2007

Du désir de voyager

Rarement, je n'ai ressenti autant le besoin de bouger, de me mouvoir...
Il y a quelques mois, naissait en moi sporadiquement et de manière totalement incontrôlée le besoin de changer régulièrement d'environnement. Un besoin dans le sens métabolique, organique c'est à dire animal, incontrôlé voir obsessionnel du terme.
Bien sûr; on peut envier mes derniers voyages... Cependant, je reste insatisfait, comme si ce qui était important était le mouvement et non le but atteint. Le geste, l'action, et non son accomplissement, son aboutissement. J'ai fait migrer la finalité du geste de son but au geste lui même, créant par là même tout le paradoxe de mon attitude actuelle.



Je serai fort probablement ailleurs dans quelques semaines, entre temps, je m'ennuie, j'attends, je m'impatiente pour (par?) ce que ma vie m'offre et me promet.
J'ai atteins, je pense, cet état rare, terriblement angoissant où rien n'a plus de saveur, que le mouvement; l'inconstance...
C'est pour cela, ou peut être à cause de cela que je suis devenu agressif, jaune, acide avec les gens qui m'entourent.. Ceux qui se demandent pourquoi je suis sec se succèdent à ceux qui ne me reconnaissent plus...
Est ce ma faute, si la solitude, le plaisir de la solitude est si difficile à enterrer ?
Est ce de ma faute si les gens m'ennuient et m'indiffèrent ?

Je me rappelle avec jouissance mes ballades au bord de l'atlantique, un petit livre à la main. Je l'ai lu 3 fois, je n'avais pas le choix, ce qu'il racontait était ma vie et j'aimais bien lire ma vie. J'aimais lire ce que je suis, cela me rendait heureux; me fendre dans la banalité....

Putin que c'est bon d'être seul, boire une bière et avoir la paix.... Fermer les yeux, puis les ouvrir, danser dans la rue sans raison, écouter un morceau que l'on connait par coeur sous la pluie, embrasser le vent, chasser la pluie avec la langue, tournoyer dans les parcs, s'asseoir puis se relever et encore s'asseoir, lire puis s'arrêter, regarder, observer, sourire, parler, se taire, danser encore, marcher toujours...

Ma solitude, où es tu ? Où t'ai je perdue ?

5 commentaires:

Roumi a dit…

@Xander : je trouve cette note extrêmement intéressante.

Pour ce qui est de ce besoin de changer constamment d'environnement, tu as peut-être le sentiment qu'il s'est développé il y a quelques mois seulement mais je peux te dire que c'est nettement plus ancien que cela. Tu m'en parlais déjà quand on s'est connu... en tout cas c'est un phénomène que je percevais déjà en toi par rapport à ta façon d'être, à tes paroles, et dont j'ai pu d'ailleurs mesurer très rapidement la réalité. Donc ce besoin que tu as, je le comprends assez bien.

Cela s'explique par la psychologie. Comme tu l'as dit c'est le geste qui compte ! C'est un besoin qu'on peut dire naturel chez toi, une façon de tromper autre chose. Pour toi, bouger c'est vivre... stationner c'est mourir... tu veux rêver de l'ailleurs et effleurer sa réalité comme un ange-humain voudrait toucher du doigt le ciel. Dès que tu es dans cet ailleurs, tu rêves déjà d'autre chose. En fin de compte, je ressens les mêmes choses mais cela ne se traduit pas concrètement... c'est-à-dire que je peux me contenter simplement du rêve de l'ailleurs sans forcément le transformer en une réalité éphémère. Je suis assez casanier, peut-être par la force des choses... peut-être aussi parce qu'en plus de partager cette même vision que toi, j'ai en moi le besoin irrépressible de me sentir constamment dans un environnement protecteur, sous un regard bienveillant et familier ; ces deux phénomènes s'affrontent joyeusement en moi et conduisent à intensifier mes rêves d'ailleurs sans pour autant envisager leur concrétisation très régulière.

Pourquoi est-on fasciné par l'ailleurs ? Parce qu'on a en fait le sentiment de ne trouver et de n'avoir jamais trouvé notre place là on l'on vit de manière régulière... on s'est toujours senti en déphasage pour diverses raisons et on essaie de tromper cette impression en multipliant les rêves, parfois concrétisés, d'ailleurs où l'on se sentirait bien mieux... et c'est le cas mais cela reste toujours éphémère bien entendu... on retombe toujours dans la réalité qui nous semble plus fade même si en fait elle n'est peut-être pas si fade que cela.

Concernant le fait que tu dis être devenu agressif, jaune, acide, ... là encore je pense que ce n'est pas une nouveauté. Tu as toujours dit que tu avais un caractère très difficile pour les autres... c'est presque une des premières choses que tu dis aux gens dont tu fais la connaissance, comme pour t'excuser par avance de ce qui pourrait arriver ! C'est quelque chose que tu as en toi depuis fort longtemps... et tu as raison de relier cela à la notion de solitude.

Tu as été depuis ton plus jeune âge été à la fois victime de la solitude et fascinée par elle... à la fois tu la fuyais et à la fois tu la recherchais. Tu n'as pas changé en réalité, Xander ! Tu sais bien que pour moi c'est la même histoire ; cette recherche d'équilibre entre sociabilité et solitude... cette impression qu'on reste souvent seul même lorsqu'on est entouré de nos connaissances... ce besoin d'amour immense que nous avons en dépit de cette attirance pour le vide, le silence, ... quand on te lit, on a toujours l'impression que tu es seul, sans ami... c'est ce que tu dis parfois, c'est ce que tu penses parfois... or tu as des amis et souvent tu n'es pas seul... parce que tu as besoin comme tout le monde, et même plus que la plupart, de l'amour et du regard des autres pour vivre, pour respirer, pour te sentir exister ; c'est un sentiment profondément humain. C'est mon cas aussi d'ailleurs et c'est là notre grand paradoxe. Je passe la plupart de mon temps enfermé chez moi, ce qui est ma façon à moi d'être dans mes rêves d'ailleurs et de goûter à cette solitude... en même temps, je souffre de cette retraite que je m'impose plus ou moins volontairement et j'ai parallèlement ce besoin immense d'être près des autres que ce soit physiquement ou par la pensée. C'est quelque chose de très complexe, avec des sortes de mouvements extrêmes et contradictoires. Quand on voit à quel point les racines de cet état sont profondes et anciennes, on peut difficilement faire autrement qu'essayer d'accepter au moins partiellement cet état de fait... l'essentiel étant d'y trouver une forme d'équilibre aussi satisfaisant que possible.

Anonyme a dit…

c'est ce qu'on appelle mettre qqun à nu :)

klem ellil a dit…

Qui te (re)tient ?

Xander a dit…

@ Klem Ellil : Rien

kahlouchaa a dit…

vraiment ces paroles sont extremement touchantes je me voi en ça c les memes sentiments le meme angoisse le meme envi l envie d etre seule au bord de la mer ans un lieu où^personne ne te derange personne ne te parle un envi fort de partir de dormir ds les bras du vent c horrible le sentiment de vouloir etre seule sans le pouvoir je sens ca c horrible atroce, les gens ne peuvent pas comprendre cela ils se contentent de nous dire des mots stupides, bouger c vivre il faut bouger mouvementer notre vie de merde il ne faut jamais se contenter du reve c tres peu bref je suis vraiment au bout et tes paroles m ont vraiment soulagé un peu au moins g trouvé qqn qui a le meme probleme